Sommet mondial de la santé mentale : rendre les droits plus accessibles

Le troisième sommet sur la Santé mentale intitulé "Mind Our Rights, Now !" s’est déroulé à Paris, les 5 et 6 octobre. Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, a rappelé qu’en France, les dépenses de santé mentale sont notre premier poste de dépenses de santé, à hauteur de 23 milliards d'euros, si l'on ajoute les aides indirectes, et plus de 110 milliards d'euros pour le fardeau économique total des troubles psychiques. Ce sommet étant une interface originale entre les grands textes internationaux et les pays, il aura donné l’occasion à (entre autres) António Guterres (secrétaire général de l’ONU), au Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus (directeur général de l’OMS), ou encore à Mathias Cormann, secrétaire général de l’OCDE, d’inviter les Etats à investir davantage dans la santé mentale*. Un vœu souvent relayé par les 110 intervenants, qui auront largement pointé la question des droits – le thème de ce sommet - comme Hauwa Ojeifo, directrice executive de She Writes Woman (Nigeria) : "On peut toujours éviter de respecter les droits. C’est une question de volonté ! Il n’y a pas à négocier ses droits. On ne peut plus attendre. Un système qui perpétue les mauvais traitements, cela devient la norme. Or les droits sont la seule norme valable !". De multiples raisons amènent la majorité des soignants à peu considérer les questions liées aux droits, parmi lesquelles le peu de coopération entre les institutions qui s’occupent des Droits de l’homme et les professionnels de santé, le manque de personnel ou encore la difficulté qu’ont les usagers à faire entendre leur voix. Au cours de leur animation commune de l’atelier 9 titré "Les droits, ça s’apprend ?", le Psycom et le CCOMS ont eu l’occasion de proposer des réponses, en donnant la parole à Benoit Eyraud, qui a présenté Cap Droit, une démarche d’apprentissage par la discussion de la Convention internationale des droits des personnes handicapées qui favorise la participation des personnes concernées face aux démarches de prises de décision substitutives. Autre approche, celle du Centre de formation au rétablissement (COFOR) à Marseille, présenté par Julien Grard, qui propose des modules de formation personnelle au rétablissement, créés directement par les personnes concernées. Après la présentation effectuée par le Dr Arouna Ouedraogo sur l’utilisation de l’outil QualityRights de l’OMS dans son service universitaire intégré à un hôpital général au Burkina Faso, Frédéric Mougeot (ENSEIS/CMW) et Nicolas Ordener (EMPP MARSS) ont présenté les résultats préliminaires de leur étude visant à tester un modèle de directives anticipées en psychiatrie. Enfin, le Dr Marianna Pinto Da Costa a détaillé les résultats de son étude sur les traitements contraints menée auprès de 142 jeunes psychiatres d’une cinquantaine de pays, avant qu’Aude Caria, directrice du Psycom, ne présente son Kit Histoires de droits, un jeu interactif basé sur une mise en situation sous forme de débat dans trois domaines : droits fondamentaux ; droits dans la société ; droits dans les soins. En conclusion, l’atelier aura bien montré qu’en matière d’accès aux droits, l’information seule ne suffit pas : des outils de médiation doivent être utilisés, et plusieurs existent déjà. Le prochain Sommet mondial sera organisé en 2022 en Italie.
Voir le replay du Sommet.

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