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Prochaine AG du GCS : rendez-vous à Nancy les 20 et 21 décembre
Voici le programme des événements organisés ans le cadre de la prochaine Assemblée générale du groupement de coopération pour la recherche et la formation en santé mentale, qui aura lieu au Centre Psychothérapique de Nancy :
20 décembre
.14h : présentation, par le Dr Roelandt, directeur du CCOMS, de la politique de l’OMS en santé mentale et du programme Quality Rights
.16h : visites de réalisations proposées par le Centre Psychothérapique de Nancy
21 décembre
.9h30 : visites de réalisations proposées par le Centre Psychothérapique de Nancy
.14h-16h : Assemblée générale du GCS
Découvrez ici la présentation des sites de visite.
Renseignements : adannet@epsm-lm.fr
 Sommet mondial sur la santé mentale : le CCOMS valorisé par le DGS
A l’occasion d’un petit-déjeuner ministériel organisé en marge du sommet mondial sur la santé mentale, qui a réuni à Londres, le 10 octobre, plus de 55 délégations, Jérôme Salomon, Directeur Général de la Santé, a présenté la stratégie française en santé mentale et les atouts du Centre collaborateur OMS de Lille. Les trois axes de la feuille de route pour la santé mentale et la psychiatrie, présentée en juin dernier par la Ministre des Solidarités et de la Santé, à la suite de la publication de la nouvelle Stratégie nationale de santé, ont ainsi été détaillés. Madame Buzyn a en outre officiellement rallié l'Alliance internationale des champions pour la santé mentale et le bien-être lancée par le Royaume-Uni, le Canada et l'Australie, lors de la dernière Assemblée mondiale de la santé.Le dispositif Ecout'Emoi, qui consiste en une intervention visant à identifier les jeunes en détresse psychologique et à leur donner accès, après évaluation par un médecin généraliste, à 12 séances de psychothérapie gratuite, a également été valorisé.
Téléchargez le discours de Jérôme Salomon, Directeur Général de la Santé.
 Pour une meilleure santé mentale en Polynésie française
Jean-Luc Roelandt, directeur du CCOMS, s’est rendu en Polynésie française fin septembre, pour poursuivre, avec le soutien des autorités et acteurs locaux, la sensibilisation aux thèmes de travail du CCOMS (rétablissement, empowerment, droits de l’homme dans les services de santé mentale, case management…) et pour poursuivre la rédaction du plan de santé mentale polynésien. L’occasion également de proposer une formation sur les équipes mobiles et une autre sur le Programme de l’OMS pour l’évaluation de la qualité et du respect des droits (QualityRights, notre photo).
Intervention du CCOMS à la conférence Healthier Longer Lives
La conférence internationale Healthier Longer Lives, qui se tenait les 8 et 9 novembre à New-York, était organisée par Fountain House (organisation fondatrice des Club House) et soutenue par l'OMS. Ont été présentées au cours de ces deux jours des innovations du monde entier qui améliorent la santé des personnes atteintes de troubles psychiques sévères, ainsi que de nouvelles avancées scientifiques, afin de sensibiliser les participants à des interventions efficaces, et de mobiliser des partenaires dans d'autres domaines, en créant des espaces pour susciter des investissements dans les meilleures pratiques et leur application. Cette conférence avait pour but de donner aux scientifiques, chercheurs, décideurs, responsables politiques, responsables gouvernementaux, professionnels agissant dans des domaines liés à la promotion de la santé (action sociale, logement), ministères de la santé, ONG et personnes atteintes de trouble psychiques sévères, une plateforme d'échange d'informations et d'idées. Il s'agissait également de créer un réseau d'acteurs, d'insister sur les nécessaires nvestissements publics et privés, et de rédiger une feuille de route pour la mise en œuvre des meilleures pratiques. Le CCOMS y a présenté le programme médiateurs de santé-pairs, ce qui a donné lieu à de nombreuses questions et à des prises de contact d'organisations souhaitant en apprendre davantage sur les modalités de formation et d'intégration en emploi des médiateurs. Cette conférence fut aussi l'opportunité d'échanger avec d'autres centres collaborateurs de l'OMS sur le déploiement de l’initiative QualityRights de l'OMS.
CFP : participez gratuitement à l'atelier du CCOMS
Le CCOMS animera, dans le cadre du Forum des associations du Congrès français de psychiatrie, le temps de travail suivant : 
Les psychiatres, acteurs de la santé publique grâce aux Conseils Locaux de Santé Mentale
Président : Jean-Luc Roelandt, Lille - CCOMS
- Deux ans après la loi de santé : quelle place pour les CLSM ?
Pauline Guézennec, Lille - CCOMS
- L’application concrète d’une démarche partenariale : exemple des actions du CLSM de Brest
Michel Walter, Bohars
- Dans la nouvelle organisation territoriale : quelle place pour les CLSM ?
Michel Triantafyllou, Nanterre
Cet atelier aura lieu le Mercredi 28 novembre, de 14h-15h30 - Cité des congrès de Nantes, Salle BC. L'inscription au forum des associations est gratuite mais obligatoire : Bulletin d’inscription au Forum des Associations. Retrouvez le CCOMS au stand n°46 du CFP !
 L’AP-HP et le CHU de Lille retenus pour piloter le centre national de ressources et de résilience
Le centre national de ressources et de résilience (CN2R) a pour mission de développer la recherche et l’enseignement dans le domaine du psychotraumatisme ainsi que l'information du grand public à travers des outils numériques innovants. Porté au CHU de Lille par le Pr G. Vaiva et à l’AP-HP par le Pr T. Baubet, le CN2R bénéficie d’une expertise clinique et universitaire majeure en provenance d’équipes très expérimentées, d’un réseau de partenaires nationaux et internationaux reconnus (dont le CCOMS/GCS) mais aussi d’une articulation étroite avec les sciences humaines et sociales. Le CN2R coordonne dix centres régionaux qui ont pour objectif d’améliorer la prise en charge de victimes à tous âges dans des contextes divers tels que les attentats, les catastrophes naturelles ou industrielles, les viols, les violences familiales, le harcèlement scolaire ou professionnel, les migrations, etc. Il sera géré par un GIP indépendant, où seront réunis les financeurs, le CHU de Lille & l’AP-HP, des représentants associatifs, ainsi que les futurs centres collaborateurs adhérents.
Lire le communiqué.
De la disqualification à la prise de parole en santé mentale : résultats de la recherche
Les productions de la recherche "De la disqualification à la prise de parole en santé mentale" menée par Advocacy France, sont désormais disponibles en suivant ce lien. Ce travail portait sur les conditions d'émergence, de reconnaissance et de prise en compte de la parole des personnes dites handicapées psychiques par les décideurs publics. Il s’agit non plus d’effectuer la recherche « sur » les personnes ayant un handicap ou des troubles psychiques, mais « avec » elles, dans une perspective émancipatoire et de changement social (Boucher, 2003). La recherche a permis la production de plusieurs outils (vidéos, guides et le rapport de synthèse) sur le thème "Faire valoir ses droits et gagner en autonomie", et destinés aux personnes en souffrance psychique et aux professionnels qui les accompagnent. Ils ont pour objectif de donner des recommandations afin de favoriser le dialogue entre personnes concernées et professionnels.
Appel à projets de la Fondation de France : soutenir les jeunes en souffrance psychique
La Fondation de France lance un appel à projets titré "Santé des jeunes : soutenir les jeunes en souffrance psychique". Les actions financées pourront porter sur lesaddictions, les risques suicidaires, les troubles des conduites alimentaires ou encorel’émergence des pathologies psychiatriques. Les publics ciblés sont les 12-25 ans, l’entourage de ces jeunes (famille notamment) et les professionnels des structures accueillant des jeunes en difficulté. La Fondation de France soutient des projets permettant de : Renforcer les capacités des professionnels à évaluer les risques sous-jacents et à initier des thérapeutiques adaptées ; Développer de nouvelles actions permettant de repérer les situations de détresse dès leur apparition et de prendre en charge des adolescents sur la durée ; Renforcer l’accompagnement des familles dans la prise en charge des patients ; Prévenir les ruptures de soins et favoriser l’autonomie des jeunes. Date limite de transmission des dossiers : 16 janvier 2019
En savoir plus.

  Guide HAS : coordination entre médecin généraliste et acteurs de la psychiatrie
Pour répondre au manque de coordination entre le médecin généraliste et les professionnels spécialisés en psychiatrie et santé mentale notamment, la Haute autorité de santé propose, depuis le 9 octobre, un guide pour aider les professionnels à développer et renforcer la coordination interprofessionnelle dans la prise en charge des patients adultes souffrant de troubles mentaux. Il présente des expériences d’amélioration conduites en France et à l’étranger ainsi que des repères et outils mobilisables de façon isolée ou combinée et en fonction des besoins, des ressources et des contraintes des professionnels.
A lire à partir de ce lien.

 La dépression en France : résultats du baromètre santé 2017
Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire du 16 octobre décrit les résultats d’une étude sur la prévalence de la dépression menée en 2017 auprès de 25 319 personnes âgées de 18 à 75 ans. Près d’une personne sur dix avait vécu un épisode dépressif caractérisé (EDC) au cours des 12 derniers mois. Les femmes, notamment celles âgées de 35-44 ans, les personnes de moins de 45 ans, les chômeurs et autres inactifs, les personnes veuves ou divorcées et les personnes déclarant de faibles revenus, présentaient les niveaux de prévalence les plus élevés. Après une stabilité observée entre 2005 et 2010, la prévalence de l’EDC a augmenté de 1,8 point sur la période 2010-2017.
A noter également les deux autres articles figurant dans la même publication : "La dépression dans la population active occupée en France en 2017" et "Prise en charge des patients avec troubles anxieux entre 2010 et 2014 dans les établissements ayant une autorisation en psychiatrie en France métropolitaine : analyse des données du RIM-P".
A découvrir ici.

Traitement sous contrainte à l'ère de la Convention relative aux droits des personnes handicapées
La Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) a été adoptée en 2007 et ratifiée depuis par 177 pays. 32 d’entre eux, comme récemment l’Inde ou le Pérou, ont modifié leur législation pour la mettre en conformité avec la CDPH. Celle-ci représente un changement de paradigme, d'un modèle biomédical du handicap à un modèle axé sur la société et les droits de la personne. Dans ce modèle, les déficiences découlant d'un état de santé mentale y sont appelées des déficiences psychosociales, et les lois et les protocoles cliniques régissant la pratique en santé mentale sont susceptibles d'être éclairés par les dispositions de la CDPH. Un récent article publié dans PLOS Medicine*, basé sur la réalisation de 12 entretiens auprès de représentants d’usagers, cliniciens, juristes et décideurs, interroge les difficultés et freins à la mise en œuvre de la convention et en particulier son article 12, qui affirme que les personnes ayant un handicap psychosocial (handicap résultant de troubles de santé mentale) conserve leur capacité décisionnelle, ce qui suscite un important débat. Débat qui porte en particulier sur le fait de savoir si ce droit est absolu et immédiat, ou s'il est soumis à des limitations. Les auteurs constatent qu’à l’heure actuelle les traitements sous contrainte sont largement surutilisés et qu'il doit donc y avoir davantage de dialogue et de formation autour de la mise en œuvre de la CDPH afin notamment de s'attaquer aux croyances stigmatisées au sujet des capacités décisionnelles et cognitives des usagers des services de soins en santé mentale.
*Mahomed F, Stein MA, Patel V (2018) Involuntary mental health treatment in the era of the United Nations Convention on the Rights of Persons with Disabilities. PLoS Med 15(10): e1002679.

Prévention du suicide : une boîte à outils de l’OMS pour engager les communautés
Les communautés ont un rôle important à jouer dans la prévention du suicide. Elles peuvent apporter un soutien aux personnes vulnérables et à celles qui ont attenté à leur vie. Elles peuvent réconforter les personnes dont un proche s’est suicidé et aider à lutter contre la stigmatisation. Le guide de l'OMS « Prévention du suicide : une boîte à outils pour l’engagement communautaire », est destiné aux personnes souhaitant lancer des activités de prévention du suicide dans leur communauté. Il décrit un processus participatif ascendant par lequel les communautés (agents de santé, parlementaires, enseignants, travailleurs sociaux, policiers, pompiers et chefs d’entreprises…) peuvent travailler ensemble pour identifier, hiérarchiser et mettre en œuvre des activités importantes et adaptées à leurs besoins. Le guide intègre des conseils et des outils pratiques pour aider à la fixation d'objectifs, à la cartographie des parties prenantes et à l'élaboration d'un plan d'action, de même que des exemples d'initiatives réussies au Canada, en Inde, au Kenya, au Népal, à Trinité-et-Tobago et aux États-Unis.
A télécharger ici.

Gestion des problèmes de santé physique chez les adultes atteints de troubles mentaux graves : les recommandations de l’OMS
Les personnes atteintes de troubles mentaux graves - dépression modérée à sévère, trouble bipolaire, schizophrénie et autres troubles psychotiques - ont généralement une espérance de vie inférieure de 10 à 20 ans à celle de la population générale. La majorité de ces décès prématurés sont dus à des problèmes de santé physique. L’accès à des services de santé complets offrant des services de promotion de la santé, de dépistage et de traitement des problèmes de santé physique et mentale reste difficile pour la majorité des personnes souffrant de troubles mentaux graves. Pour ceux qui ont accès aux soins de santé, les soins reçus sont souvent de mauvaise qualité et les problèmes de santé physique sont souvent négligés. Pour remédier à cette inégalité, l’OMS a publié le 7 novembre dernier, pour la première fois, des lignes directrices fondées sur des données factuelles concernant la gestion des problèmes de santé physiques chez les adultes souffrant de troubles mentaux graves. Ces recommandations portent sur les changements de mode de vie (par ex : régime alimentaire plus sain, activité physique accrue, sevrage tabagique…), le soutien psychosocial et les médicaments. Elles sont principalement destinées aux professionnels de santé intervenant auprès de personnes atteintes de troubles mentaux graves à tous les niveaux - dans les établissements de soins de santé primaires, les établissements spécialisés et les hôpitaux.
Lire la note et le document (en anglais) ici.
Voir la vidéo de présentation de ces recommandations.

 Evaluation médico-économique de la désinstitutionalisation en République tchèque
L’article paru le 8 novembre dans The Lancet Psychiatry fait état des résultats de l’évaluation du rapport coût-efficacité de la sortie des personnes atteintes de psychoses chroniques vers les soins de proximité, par rapport aux soins dispensés dans des hôpitaux psychiatriques en République tchèque. Cette étude montre que les soins en milieu communautaire sont plus rentables que ceux dispensés dans les hôpitaux dans ce pays. Ces résultats s'ajoutent aux arguments basés sur les droits de l'homme et aux arguments cliniques en faveur de réformes de la santé mentale en Europe centrale et orientale.
A lire ici.
 Newsletter d’automne du projet eMEN
Au sommaire de la dernière lettre d’information du projet européen sur la e-santé mentale : en savoir plus sur l'étude et l'application Moodbuster, les phasespilotes Carewear et le séminaire technique "Tendances et développement d'applications dans le domaine de la santé mentale" à Geel. A noter l’information sur la mention du projet eMEN dans la feuille de route ministérielle sur la santé mentale et la psychiatrie.
Télécharger la Lettre ici.

 "Ma santé 2022, PTSM, CLSM : il faut décloisonner les approches !"

Roselyne Touroude, vice-présidente de l’UNAFAM


Que pensez-vous des annonces faites dans le cadre de la feuille de route sur la santé mentale ?
"Cette feuille de route reprend de nombreux points pour lesquels nous nous battons : des parcours coordonnés ; des soins de réhabilitation psychosociale accessibles sur tout le territoire ; mieux organiser le repérage et la prise en charge de la souffrance psychique chez les 11-21 ans ; des soins pour les personnes sous main de justice présentant des troubles psychiques ; un développement des prises en charge en ambulatoire ; une réduction du recours aux soins sans consentement, à l’isolement et à la contention. Nous nous félicitons de cette approche globale et insistons sur la nécessité de lier prévention et prise en charge, soins psychiatriques et soins somatiques, de faciliter l’accès aux offres de soins dans des lieux destigmatisés et dans des délais compatibles avec la prise en charge de l’intensité de leurs troubles et de leur souffrance. Mais prodiguer des soins sans promouvoir une réelle politique d’inclusion sociale ne serait pas à la hauteur des attentes des personnes en situation de handicap psychique ni de celles de leur entourage. Si la reconnaissance du handicap psychique date de 2005, le défaut d’évaluation des troubles fonctionnels et la pénurie de dispositifs spécifiques à ce handicap entrave la coordination des parcours. Celle-ci requiert une indispensable articulation entre les secteurs sociaux, médico-sociaux et sanitaire. Nous sommes très sensibles à la volonté exprimée dans cette feuille de route de promouvoir la déstigmatisation des troubles psychiques. Cependant, nous attendons une cohérence des politiques. Le décret Hopsyweb et le projet d’un suivi des procédures de soins sans consentement par les préfets sont en totale contradiction avec cet objectif de déstigmatisation. Enfin, nous regrettons que les aidants soient les grands absents de cette feuille de route. Leur information, leur formation, la promotion de l’entraide entre pair aidant familles sont essentielles pour que l’entourage puisse développer les compétences dont il a besoin pour mieux accompagner et prendre soin de sa propre santé."

Et "Ma santé 2022" ?
"Les annonces de la stratégie de transformation du système de santé "Ma Santé 2022" arrivent dans un contexte où la pédopsychiatrie comme la psychiatrie générale expriment avec force leur désarroi "de ne plus pouvoir être des soignants" au vu des conditions de travail qui sont les leurs. Leur désarroi fait écho à ce que les familles nous décrivent au travers des situations que vivent leurs proches : soins de qualité très variable d’un territoire à l’autre, difficultés d'accès, non application des recommandations de bonne pratique dans certains établissements allant jusqu’à la maltraitance, contention et isolement utilisés largement y compris sur mineurs... Les enjeux de la psychiatrie, qui appellent des actions rapides tant en matière d’organisation des soins que de parcours au quotidien des patients, sont malheureusement peu développés. La création d'un "fonds d'innovation organisationnelle" en psychiatrie a été annoncée. Il sera doté de "quelques millions d'euros" a indiqué la Directrice générale de l'offre de soins. Nous attendons la mise en place de ces mesures. Nous avons besoin d'un plan psychiatrie ambitieux pour développer et coordonner la recherche, imposer des réunions de concertation pluridisciplinaire qui amorceraient le virage vers une certaine uniformisation des pratiques dans l’objectif qu’il n’y ait plus de perte de chances pour une personne vivant avec des troubles psychiques. Peut-être alors pourrions-nous être entendus par les autorités pour la mise en place d’indicateurs d’efficacité clinique et d’indicateurs expérience patient sur les parcours santé mentale. Ma santé 2022 a retenu 7 pathologies chroniques mais aucune ne concerne une maladie mentale, pourquoi ? Enfin nous regrettons que dans cette stratégie de transformation, la complémentarité du sanitaire, du social et du médico-social soit peu développée. Ces derniers seront pourtant les piliers pour assurer à ceux qui sont rendus vulnérables par la maladie et/ou le handicap un chemin vers l’autonomie dans une société plus inclusive."

Qu’attendez-vous de la mise en place de ces PTSM ? 
"Nous attendons que les projets territoriaux de santé mentale contribuent à l'amélioration concrète des parcours de santé et favorisent l'accès aux droits et à la citoyenneté des personnes vivant avec des troubles psychiques. Les professionnels de la santé, du sanitaire et du médico-social, avec des acteurs de la prévention, du logement et de l'insertion, les collectivités locales, les CLSM, les représentants des usagers, ont à réaliser un diagnostic territorial partagé permettant d’identifier les ressources disponibles, les points de blocage et les actions à mener sur un territoire donné afin de mieux répondre aux besoins de la population. Nous espérons que les PTSM seront l'occasion de décloisonner les approches, en associant prévention, soins, accompagnements, lutte contre la stigmatisation, actions sur les déterminants environnementaux et sociaux de la santé mentale."

Quels retours avez-vous du terrain concernant les CLSM ?
"Il n'est pas facile de créer et de faire vivre un CLSM, alors que c'est une instance de démocratie et de proximité fort utile qui s'appuie sur une approche globale de la santé mentale ! Il faut convaincre les élus et l'ensemble des acteurs de l'intérêt de ce travail en réseau, qui facilite l'inter-connaissance, permet la concertation et le travail de proximité. C'est aussi une instance qui permet de résoudre des situations complexes, d'améliorer l'accès aux soins, au logement, aux accompagnements, aux loisirs et à la culture de personnes en souffrance psychique. En outre, c'est un outil d'information en santé mentale, donc de lutte contre la stigmatisation. Les bénévoles de l'UNAFAM œuvrent localement pour que se créent des CLSM, véritables outils au service du "vivre ensemble dans la cité".
 
Que pensez-vous de la démarche QualityRights de l'OMS ?
"Ce programme, qui met en œuvre l’évaluation du respect des droits de l’homme tels qu’énoncés dans la convention internationale relative aux droits des personnes handicapées (CIDPH) et dans une optique de rétablissement, est une démarche innovante pour la promotion des droits des personnes ayant des troubles psychiques. A mon avis, ce programme est aussi intéressant du fait que l’équipe soignante fait une démarche volontaire et sollicite l’évaluation. De plus, les entretiens sont menés avec toutes les personnes concernées, soignants, personnel administratif, patients-usagers, familles. La parole de chacun est recueillie et prise en compte. Cette approche bienveillante, menée par une équipe pluridisciplinaire d’observateurs, favorise les regards croisés et doit encourager chacun à une réflexion sur les pratiques et la qualité. Il n’est pas question de sanctionner ni de contrôler mais bien de mener ensemble une réflexion, en confiance, afin d’améliorer le respect des droits.
En tant que militante associative, ayant participé à ce programme comme observateur, je constate qu’il nous permet de "prendre de la hauteur", de réfléchir à partir du respect des droits tels qu’énoncés dans la CIDPH ratifiée par la France en 2010, et non plus seulement en fonction de "la charte du patient hospitalisé". Ce programme est un outil de changement important au service des personnes vivant avec des troubles psychiques qui ne doivent pas être considérées comme des ‘’objets de soins’’ mais bien comme des ‘’sujets de droits’’
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