Conseil scientifique du CCOMS/GCS : le point sur les recherches

Le Conseil scientifique du CCOMS et du GCS s’est réuni au CH Sainte-Anne à Paris le 16 mai dernier. L’occasion de faire le point sur l'actualité du centre, désormais reconduit par l'OMS jusqu'en 2022. Après un bilan des journées internationales de mars et la présentation des résultats du questionnaire d’évaluation, qui confirme que les journées ont été appréciées par les participants, un point sur les actions en matière de e-santé mentale, qui fait dorénavant partie des termes de référence du CCOMS, a été effectué. Outre un nouveau séminaire qui se déroulera en cette fin d’année à Rennes dans le cadre du projet européen Emen, un point d’étape sur le volet quantitatif de l’enquête Equme, étude française du CCOMS sur les usages de la e-santé mentale, a été fait. 500 questionnaires ont été recueillis après avoir été diffusés, essentiellement dans les CMP d’établissements membres du GCS*. Ces questionnaires sont en cours d’encodage. L’objectif est de recueillir 2 000 questionnaires d’ici fin juillet et d’effectuer l’analyse des données en vue de la publication d’un article d’ici la fin de l’année.

* CESAME d’Angers, EPSM Lille métropole, CH de Cadillac, CH Guillaume Régnier de Rennes, Hôpitaux de Saint Maurice, Fondation Bonsauveur de la Manche, CH de Plaisir, CHS de Savoie, CH Edouard Toulouse de Marseille, CASH de Nanterre, CH La Chartreuse de Dijon, CH Sainte Anne Paris

SMPG

L’aide technique à la mise en place de l’enquête Santé mentale en population générale est actuellement en cours à : La Réunion et Seclin (2ème vague) ; Lille Est: 3ème vague ; Caen ; Rennes ; Québec ; Auckland ; Australie ; Seychelles. Dans le même temps, la saisie des questionnaires et le contrôle qualité est en cours en Haute Côte d’Or, à Mayotte, Cagnes-sur-Mer et Tonga.

MSP

Le second programme des médiateurs de santé pairs (MSP) suit son cours : 34 médiateurs ont pris leur poste en décembre dernier dans 30 établissements, avant de débuter la licence sciences sanitaires et sociales, mention MSP en janvier. 8 semaines de formation se dérouleront en 2018, les médiateurs étant le reste du temps en poste dans des établissements de santé mais aussi dans le médico-social. L’objectif est l’obtention du diplôme en juin 2019. Le programme comporte également un volet recherche, coordonné par Philippe Maugiron, MSP à Sainte-Anne, dont les thèmes sont : le recrutement, l’évaluation du processus de formation, la construction d’un référentiel de compétence et les médiateurs dans les services.

CIM

Après un retour sur la recherche menée sur la participation des usagers à la révision de la classification internationale des maladies (voir notre précédente édition), les résultats de la recherche CIM « Variation de genre » ont été présentés, comme ils l’avaient été précédemment au ministère de la santé (notre photo) qui l’a financée. Sur l’utilité clinique du diagnostic d’incongruence de genre, les résultats sont que la détresse psychologique et le handicap fonctionnel ne sont pas présents chez toutes les personnes trans. Cette détresse et ce handicap sont corrélés avec des facteurs environnementaux et non directement avec la transidentité. A propos du second volet de l’enquête, sur la perception de l’intitulé « Gender incongruence - incongruence de genre » auprès des personnes trans francophones, cette expression est soit incomprise en français, soit connotée négativement et jugée stigmatisante. Le CCOMS suivra ensuite la prise en compte par l’OMS de ces résultats dans la future CIM, en particulier la sortie de ce diagnostic du chapitre trouble de la santé mentale et le changement de l’expression « incongruence de genre ». Il s’agira également de sensibiliser le ministère de la santé français et de créer des modules de formation.

QualityRights

Concernant le programme QualityRights, qui est devenu à part entière un terme de référence du CCOMS, à la demande de l’OMS, le centre a désormais un objectif de 5 observations par an en France, et de 5 à 10 à l’étranger d’ici 2022. Une observation a été menée à Nanterre fin 2017, et une autre début 2018 au CPA de Bourg en Bresse. Sont en projet en 2018 : EPSM Lille métropole, CH Sainte Marie (Aveyron), CH Ravenel (Vosges), FERREPSY, Tunisie, Liban, Burkina Faso. Le CCOMS recherche des usagers-experts qui pourraient participer en tant qu’observateurs et des partenaires dans les pays francophones pour déployer ce programme.

Recherche co-morbidité

Un rapide point d’étape a été fait sur cette recherche dont le financement PREPS a été acquis en décembre 2017. Depuis le dernier conseil scientifique, le protocole de recherche a été finalisé et l’organisation et le fonctionnement du copil ont été précisés. Dès réception des dernières autorisations attendues (CPP), les focus group débuteront à la rentrée de septembre. Enfin, un poster sera présenté au congrès de l’Association Nationale pour la Promotion des Soins Somatiques en Santé Mentale organisé les 27-29 juin à Paris.

CLSM

Après celui de 2014, un nouvel état des lieux des CLSM sera diffusé prochainement. On y apprend entre autres que les premiers thèmes dont se sont emparés les CLSM sont : cellules de concertation pour les situations complexes, SISM, information en santé mentale, logement habitat. On notera par ailleurs qu’une évaluation nationale des CLSM portée par le CCOM, a été confiée à l’EHESP.

Logement

A propos de la mission de visite et recueil de données sur des pratiques innovantes sur le thème de l’accès et du maintien dans le logement des personnes ayant un trouble de santé mentale, un point d’étape aura permis de signaler les visites effectuées à Trieste et Nottingham et celle programmée à Séville, et d’évoquer la grille d’observation des sites. Le rapport d’observation sera remis à la CNSA le 10 septembre et une présentation des résultats sera effectuée à Paris au cours d’un événement qui sera organisé par la CNSA fin 2018 début 2019.

PDS

L’après-midi, la discussion a porté sur les projets de recherche. Les exploitations supplémentaires de la base SMPG qui pourraient être envisagées, compte tenu de la particularité de cette base qui permet une analyse en population générale systémique et pas sur une population de malades comme les autres bases existantes, ont tout d’abord été discutées.

Après un échange sur le projet de recherche sur les risques psychosociaux des personnels de soins en santé mentale, la réflexion a porté sur le projet de recherche sur les programmes de soins sans consentement. Compte tenu de la complexité de ce dispositif, de la variabilité des pratiques médicales ou des organisations de la psychiatrie (secteur, inter-secteur…) dans les établissements, une étude mixant analyse quantitative des bases existantes (données RIM-P) et analyse qualitative (entretiens auprès de psychiatres) a été évoquée.

 

Date: 
Mercredi, Juin 6, 2018