Agir d’urgence contre les maladies chroniques

Une Commission de haut niveau appelle à agir d’urgence contre les maladies chroniques

Un nouveau rapport de la Commission indépendante de haut niveau sur les maladies non transmissibles (MNT - maladies cardiovasculaires, cancer, diabète, pneumopathies chroniques et troubles mentaux) de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), daté du 1er juin et publié simultanément dans la revue médicale The Lancet, appelle à agir d’urgence contre les maladies chroniques et les troubles mentaux. Le document exhorte à un engagement politique de haut niveau et à l’intensification immédiate des mesures contre l’épidémie de maladies non transmissibles, lesquelles représentent les principales causes de mortalité et de morbidité au niveau mondial. Le rapport met l’accent sur des défis croissants, mais souvent négligés, comme les troubles mentaux et l’obésité. Le Président de l’Uruguay, le Dr Tabaré Vázquez, a appelé les dirigeants du monde à « redoubler d’efforts » pour atteindre la cible des objectifs de développement durable consistant à réduire d’un tiers, d’ici à 2030, la mortalité prématurée due aux maladies non transmissibles et à promouvoir la santé mentale et le bien-être.

Les six recommandations du rapport

1. Les chefs d’État et de gouvernement devraient prendre la responsabilité du programme de lutte contre les MNT, plutôt que de la déléguer aux seuls ministres de la santé, car cela exige une collaboration et une coopération entre de nombreux secteurs.

2. Les gouvernements devraient recenser une série de priorités et mettre en œuvre des mesures correspondantes, dans le cadre du programme global de lutte contre les MNT et de promotion de la santé mentale, en fonction des besoins de santé publique.

3. Les gouvernements devraient réorienter les systèmes de santé pour intégrer la lutte contre les maladies non transmissibles, prévention comprise, et les services de santé mentale à leurs politiques et plans pour la couverture sanitaire universelle.

4. Les gouvernements devraient renforcer l’efficacité de la réglementation et collaborer de façon appropriée avec le secteur privé, les milieux universitaires, la société civile et les communautés.

5. Les gouvernements et la communauté internationale devraient élaborer un nouveau paradigme économique pour financer les mesures de lutte contre les MNT et de promotion de la santé mentale.

6. Les gouvernements doivent mieux rendre compte aux citoyens de leur action contre les MNT et simplifier les mécanismes de responsabilisation internationaux qui existent déjà.

« L’OMS a été fondée il y a 70 ans sur la conviction que la santé est un droit humain dont nous devons tous bénéficier, et non un privilège réservé à quelques-uns » a rappelé le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. « Les recommandations figurant dans ce rapport sont une étape importante vers la concrétisation de ce droit, en prévenant les souffrances et les décès dont sont responsables les maladies non transmissibles. »

En appelant les chefs d’État et de gouvernement à assumer pleinement la responsabilité de la lutte contre les MNT, le rapport reconnaît la nécessité de veiller à ce que les ministres de la santé disposent de l’influence nécessaire pour que volonté politique et financement soient à la hauteur du problème.

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