Actualités nationales

L’été fut riche en visites puisqu’après la mission parlementaire de l’Assemblée nationale, ce sont le Pr Franck Bellivier, délégué ministériel à la santé mentale et la psychiatrie, et Dévora Kestel, directrice du département santé mentale et abus de substances à l’OMS, qui sont venus dans le Nord pour visiter le Service de santé mentale intégré dans la cité de Lille. La délégation, rejointe en cours de journée par le Dr Evelyne Falip, de l’ARS PACA, Bernard Jacob, Coordinateur fédéral des réformes des soins en santé mentale en Belgique, José Miguel Caldas de Almeida, Professeur de psychiatrie et santé mentale à la Faculté de Sciences Médicales de l’Université NOVA de Lisbonne et Jalal Charron, Interne de santé publique, à la Direction Générale de la Santé, a découvert l’expérience lilloise de psychiatrie citoyenne - présentée à la fois par le Dr Defromont, chef de pôle, les élus locaux, les médiateurs de santé pairs, les représentants d’usagers, E Duhal, directrice de l’ESAT ETIC - les travaux du CCOMS/GCS, mais aussi le dispositif « Un chez soi d’abord ».

 

L’Assemblée générale du Groupement de coopération sanitaire pour la recherche et la formation en santé mentale s’est déroulée le 5 juillet dernier au CH de Cadillac. Une vingtaine de personnes représentant 11 établissements ont participé aux débats et assisté aux présentations des actualités du groupement. Avant cette réunion, les participants ont été accueillis au sein de l’USHSA, de l’UMD et du pôle Perspectives, dirigé par le Dr Doulliez. Prochaine AG le 13 décembre au Centre d'Accueil et de Soins Hospitaliers de Nanterre.

 

Rapport 2018 du CGLPL : « La France est progressivement devenue l’un des pays européens qui enferme le plus les personnes atteintes de troubles mentaux »

La Contrôleure générale des lieux de privation de liberté a publié fin mars son rapport d’activité pour 2018. Adeline Hazan a remis ce rapport au Président de la République et au Président du Sénat. Il a également été adressé au Président de l’Assemblée nationale. Extraits : « En ce qui concerne la psychiatrie, l’on est toujours dans l’attente d’une loi, ou du moins d’un plan ambitieux pour faire face à la gravité de la situation : manque de personnel, locaux vétustes ne respectant pas la dignité des patients, recours accru aux soins sans consentement, augmentation des mesures d’isolement et de contention, engorgement des urgences générales faute de place dans les services de psychiatrie. La France a été pionnière d’une psychiatrie plus ouverte dans les années soixante et soixante-dix. Il s’agissait alors, dans une logique de désinstitutionalisation de la psychiatrie, de modifier et d’humaniser la politique de soins, par la prise en charge des personnes atteintes de troubles mentaux à l’extérieur des hôpitaux, leur réinsertion dans la société étant l’objectif premier des soins. (…) En France la situation a bien changé : les préoccupations sécuritaires se sont substituées à l’objectif de réinsertion, la plupart des services sont des structures closes, limitant sans raison la liberté d’aller et venir des patients ; le nombre d’hospitalisations sans consentement connait une croissance sans précédent, facilitée par la procédure allégée dite de ‘péril imminent’ ; faute de structures médicosociales, les séjours en hôpital se prolongent, la continuité des soins est incertaine. La France est progressivement devenue l’un des pays européens qui enferme le plus les personnes atteintes de troubles mentaux (…).

Sanctionner des personnes ‘déviantes’ en les retirant de la société malgré la violence institutionnelle de cette mesure, ses conséquences en termes de déshumanisation ou de perte des repères et les inévitables atteintes qu’elle entraine à l’intégrité physique ou mentale, à la dignité ou aux droits peut être un ‘dernier recours’, mais en aucun cas une manière durable de protéger la société. »

Ce rapport est disponible en librairie. Il sera téléchargeable sur le site du contrôle à partir du 9 mai 2019.

Télécharger le dossier de presse

 

Le Centre psychothérapique de Nancy a accueilli le 21 décembre la dernière Assemblée générale du GCS. Après les visites de réalisations proposées par le CPN (Unité d’Hospitalisation de Jour Parents Bébés et La Maison Antigone – Pôle de psychiatrie adulte de Saint-Nicolas-de-Port, notre photo), plusieurs bonnes nouvelles ont rythmé l’AG. Tout d’abord, les représentants des établissements du groupement ont accepté à l’unanimité la demande d’adhésion du CHU de Lille qui devient donc le 19ème établissement membre. L’annonce a ensuite été faite de la réponse positive obtenue à notre demande de financement IRESP-INCA pour la réduction du tabagisme en psychiatrie. Cette recherche sera menée sur 15 à 20 secteurs des établissements du GCS. D’ores et déjà, huit établissements se sont montrés intéressés et souhaitent s’y impliquer. Second financement obtenu : Parpsyched - PARtenariats locaux entre le secteur de PSYCHiatrie infanto-juvénile et l’ÉDucation Nationale développant des interventions pluri-professionnelles. Cette recherche-action sur 10 sites est une intervention de repérage et de réponse en école maternelle pour les enfants avec difficultés d’apprentissage et d’adaptation. Un financement PREPS de 640 000 € permettra, en partenariat avec le CERMES3, de réaliser ce travail avec 10 secteurs infanto-juvéniles du GCS. Concernant le projet d’étude de l’interaction entre l’organisation des soins et les risques psychosociaux pour les personnels de psychiatrie, la lettre d’intention n’ayant pas été retenue à l’IRESP, le GCS a voté la réalisation de ce travail sur ses fonds propres. Enfin, le Centre hospitalier de Cadillac accueillera la prochaine Assemblée générale les 4 et 5 juillet prochains.

 

Après un point sur les événements nationaux et internationaux auxquels le CCOMS a participé, le débat a porté sur la possibilité de déployer l’enquête « risque psycho-sociaux chez les personnels de psychiatrie » (voir notre édition d’octobre 2018) en deux vagues, en 2018 puis en 2019, à la fois pour s’adapter aux contraintes des établissements et aussi pour se donner du temps, en attendant l’éventuel financement de ce projet par l’IRESP (réponse attendue au printemps).

Concernant le projet de recherche sur les programmes de soins, l’organisation d’une journée de travail en juin, à Paris, a été annoncée.

Réunion des CCOMS

Courant novembre, le CCOMS s’est rendu à Madrid à la réunion regroupant les centres collaborateurs européens. L’OMS Europe a indiqué que les pays ne sont pas performants dans leur implémentation du plan de santé mentale européen, ce devrait être l’orientation du plan à venir. L’OMS Europe a rappelé l’importance des délivrables qui doivent être fournis par les centres collaborateurs et du besoin de précision du rapport annuel. Les deux priorités stratégiques pour 2018-2019 sont le soutien au développement de politiques nationales et plans, et la promotion, la prévention et le rétablissement sur trois groupes d’âge cibles : enfants, adolescents, personnes âgées.

Burkina Fasso

Fin novembre, le CCOMS s’est rendu, à la demande d’Expertise France, au Burkina Fasso, pour un soutien à l’élaboration par les autorités d’un futur plan de santé mentale, dans ce pays d’environ 15 millions d’habitants où l’on compte en tout et pour tout 10 psychiatres, 10 psychologues, une centaine d’infirmiers spécialisés et un accès aux traitements très faible. Dans un contexte de tensions sécuritaires fortes, ce sont surtout les familles, l’appui magico-religieux et quelques ONG qui fournissent l’accueil et les soins des personnes ayant des troubles de santé mentale dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Les maires étant en première ligne également en matière de santé mentale, le développement des conseils locaux de santé mentale est envisagé.

MSP, QR

Un point sur l’actualité du groupe de médiateurs actuellement formés a également été fait. Sur les 34 médiateurs ayant débuté l’année de licence professionnelles, on compte à ce jour 3 arrêts. On note une bien meilleure intégration dans les services et, globalement, une bien meilleure réussite de cette formation par rapport à la première de 2012. Le démarrage d’une nouvelle formation en licence en septembre 2019 est envisagé. Dans l’idéal, il faudrait que ces futurs professionnels puissent être recrutés dans les établissements d’accueil dès le printemps 2019, ceci afin de permettre la réalisation d’une période d’essai.

A propos du programme QualityRights, les dernières observations ont eu lieu dans deux secteurs de l’EPSM Lille métropole. Plusieurs projets se concrétiseront prochainement à Rodez, la Fondation Bonsauveur de la Manche et différents sites étrangers (Belgique, Tunisie, Liban…). Enfin, 25 professionnels, 20 aidants et 5 usagers ont été formés au programme. Le CCOMS cherche toujours des usagers qui seraient volontaires pour s’inscrire dans la démarche.

SMPG

L’après-midi, des ateliers de travail étaient consacrés à l’enquête santé mentale en population générale (SMPG). Alors que l’enquête a 20 ans, qu’elle a été effectué sur 90 sites, qu’elle a fait l’objet de 72 publications, quelles évolutions de SMPG peut-on envisager ? On ainsi été discutés la fusion des différentes bases de données existantes ; l’ouverture de la base sur demande, avec un accès qui serait donné via une convention et pour une exploitation de la partie de la base qui souhaite être étudiée ; l’évolution du questionnaire.

 

Le CCOMS animera, dans le cadre du Forum des associations du Congrès français de psychiatrie, le temps de travail suivant : 
 
Les psychiatres, acteurs de la santé publique grâce aux Conseils Locaux de Santé Mentale (CLSM)
Président : Jean-Luc ROELANDT, Lille - CCOMS
- Deux ans après la loi de santé : quelle place pour les CLSM ?
Pauline GUÉZENNEC, Lille - CCOMS,
- L’application concrète d’une démarche partenariale : exemple des actions du CLSM de Brest
Michel WALTER, Bohars ,
- Dans la nouvelle organisation territoriale : quelle place pour les CLSM ?
Michel TRIANTAFYLLOU, Nanterre
 
Cet atelier aura lieu le Mercredi 28 novembre, de 14h-15h30 - Cité des congrès de Nantes, Salle BC 
 
L'inscription au forum des associations est gratuite mais obligatoire. 
 
 
Retrouvez le CCOMS au stand n° 46 du CFP !
 

 

A l’occasion d’un petit-déjeuner ministériel organisé en marge du sommet mondial sur la santé mentale, qui a réuni à Londres, le 10 octobre, plus de 55 délégations, Jérôme Salomon, Directeur Général de la Santé, a présenté la stratégie française en santé mentale et les atouts du Centre collaborateur OMS de Lille. Les trois axes de la feuille de route pour la santé mentale et la psychiatrie, présentée en juin dernier par la Ministre des Solidarités et de la Santé, à la suite de la publication de la nouvelle Stratégie nationale de santé, ont ainsi été détaillés. Madame Buzyn a en outre officiellement rallié l'Alliance internationale des champions pour la santé mentale et le bien-être lancée par le Royaume-Uni, le Canada et l'Australie, lors de la dernière Assemblée mondiale de la santé. Le dispositif Ecout'Emoi, qui consiste en une intervention visant à identifier les jeunes en détresse psychologique et à leur donner accès, après évaluation par un médecin généraliste, à 12 séances de psychothérapie gratuite, a également été valorisé.

Téléchargez le discours de Jérôme Salomon, Directeur Général de la Santé.

 

L’OMS Europe rend visite au CCOMS
Daniel Chisholm, responsable santé mentale de l’OMS Europe*, accompagné de sa collaboratrice, Mélita Murko, ont rendu visite au CCOMS les 23 et 24 août derniers. Au programme, un échange autour des axes de travail du centre, avec un temps particulier consacré à la participation du CCOMS de Lille, au titre de la France, à l’évaluation de la qualité de la prise en charge au long-terme en institution d’accueil pour les adultes présentant un handicap psychosocial ou intellectuel initié par l’OMS Europe autour du programme QualityRights - également mis en place en France par le CCOMS (voir la note de présentation de cette démarche ici). Daniel Chisholm a particulièrement souligné l’intérêt de valoriser à l’international les expériences françaises en matière de conseils locaux de santé mentale, d’implication des usagers dans le fonctionnement des services de santé mentale, de médiateurs de santé pairs ou encore de GEM. Les représentants de l’OMS ont ensuite assisté à une présentation du pôle de santé mentale des villes de l’Est de Lille, où ils ont eu l’occasion de rencontrer et d’échanger à la fois avec des professionnels, les porte-paroles des usagers, des médiateurs de santé-pairs et les adhérents du GEM les Ch’tis Bonheurs. 
* L’OMS Europe regroupe 53 pays, bien au-delà de l’Europe « géographique », voir la carte. 
Découvrez l’interview de Daniel Chisholm, sur le thème du programme de l’OMS pour l’évaluation de la qualité et du respect des droits et sur sa visite à Lille.

 

Restitution de l’enquête SMPG à Cagnes sur mer et évaluation des effets induits sur les infirmiers enquêteurs

Le 14 juin dernier s’est déroulée, en présence du représentant de l’ARS PACA, de Christine Jacquot, adjointe au maire de Cagnes sur mer, et de Stéphanie Durand, directrice du CH Sainte-Marie de Nice, la restitution publique des premiers résultats de l’enquête santé mentale en population générale, images et réalités, qui s’est déroulée en novembre 2017, grâce à la coordination du CCOMS (soutien méthodologique, formation des enquêteurs...) et à l’implication active du CH Sainte Marie de Nice, du CCAS, des étudiants de l’IFSI et du Conseil local de santé mentale. Les premiers résultats, présentés par Jean-Luc Roelandt, directeur du CCOMS, ne présentent pas d’importantes différences avec ceux relevés ailleurs en France métropolitaine, malgré des caractéristiques socio-démographiques spécifiques à ce territoire (population plus âgée, avec un meilleur niveau d’étude et un revenu moyen plus élevé). Outre l’enquête en tant que telle, le Dr Jean-Yves Giordana, du CH Sainte-Marie, a présenté les résultats d’un pré-test puis d’un post-test réalisé auprès des 60 étudiants de l’IFSI ayant fait les entretiens, étudiants qui avaient d’ailleurs enchaîné, après l’enquête SMPG, avec un stage de 5 semaines au CH de Sainte-Marie (en extra-hospitalier). Ce travail aura permis de mesurer les variations dans les approches, représentations et compétences techniques des étudiants. Par exemple, concernant le repérage des symptômes qui permettent de reconnaitre une personne ayant un trouble, on est passé d’une sémiologie apprise à l’école à une sémiologie de l’expérience et de l’interaction (ex : observation des attitudes physiques des personnes). Au niveau des stratégies à mettre en œuvre pour aider les gens, on constate dans les déclarations des étudiants une augmentation des références aux interventions communautaires (mobilisation de la famille, des relations sociales, déstigmatisation, etc.). Au titre des compétences développées suite au passage de l’enquête, les étudiants signalent une meilleure empathie, de plus grandes capacités d’écoute et de négociation, une plus grande patience, une meilleure capacité à reformuler, une meilleure connaissance des pathologies, des représentations et perceptions sociales. Enfin, on constate une plus grande motivation de ces futurs professionnels du soin face à la prise en charge de la santé mentale, certains jeunes ayant même évoqué le vœu de travailler ensuite en psychiatrie.

 

Le CCOMS était présent au dernier congrès Reh@b organisé à Lyon les 30 mai et 1er juin derniers. Le centre tenait ainsi un stand d’information pour présenter à la fois les actions et recherches en cours, le GCS pour la recherche et la formation en santé mentale et le Centre national de ressources et d'appui aux CLSM. Le CCOMS est en outre intervenu dans l’atelier consacré aux CLSM, ces derniers ayant par ailleurs été cités en plénière par la député Martine Wonner comme l’un des principaux progrès récents en santé mentale en France. L’élue, par ailleurs psychiatre et membre de la commission des affaires sociale, a en outre annoncé qu’un budget serait consacré à la prévention en santé mentale dans le cadre de l'Objectif national de dépenses d'assurance maladie 2019. A noter enfin les communications de plusieurs représentants d’établissements membre du GCS comme l’EPSM de la Réunion qui a présenté son intéressant Centre d’appui en réhabilitation ou encore l’EPSM Lille métropole et les pratiques « orientées rétablissement » de son pôle de santé mentale des villes de Mons en Baroeul, Hellemmes, Lezennes, Ronchin, Faches Thumesnil, Lesquin.

 

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