Actualités internationales

Quatre hôpitaux psychiatriques tchèques ont accepté de collaborer avec l'OMS en tant que sites de démonstration de la démarche QualityRights. Ce film de 11 min documente la phase initiale de leur parcours de transformation des services vers des pratiques limitant les mesures contraignantes, telles que l'isolement et la contention, et respectant davantage les droits des usagers. A noter la prise de parole du ministre de la santé Tchèque allant dans le sens d’une transformation des pratiques dans ce pays.
Découvrir la version française de la vidéo ici.

Nations Unies : un investissement substantiel des Etats est nécessaire pour éviter une crise en santé mentale

La pandémie de COVID19 met en évidence la nécessité d'augmenter d'urgence les investissements dans les services de santé mentale, sous peine d'une augmentation massive des problèmes de santé mentale dans les mois à venir, selon une note d'orientation publiée le 14 mai par les Nations Unies. "L'impact de la pandémie sur la santé mentale des personnes est déjà extrêmement préoccupant", a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS. "L'isolement social, la peur de la contagion et la perte de membres de la famille sont aggravés par la détresse causée par la perte de revenus et souvent d'un emploi". Des groupes de population spécifiques sont particulièrement exposés à la détresse psychologique liée au COVID19. Plusieurs catégories sont cités et illustrés par des exemples du mon entier : les travailleurs de la santé de première ligne, les enfants et les adolescents, les personnes âgées, les personnes souffrant de troubles mentaux préexistants, etc. L'augmentation de la consommation d'alcool est un autre sujet de préoccupation important. "Il est maintenant clair que les besoins en santé mentale doivent être traités comme un élément central de notre réponse à la pandémie COVID-19 et de notre rétablissement", a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus. "Il s'agit d'une responsabilité collective des gouvernements et de la société civile, avec le soutien de l'ensemble du système des Nations unies. Si l'on ne prend pas au sérieux le bien-être émotionnel des personnes, cela entraînera des coûts sociaux et économiques à long terme pour la société". Le soutien aux actions communautaires qui renforcent la cohésion sociale et réduisent la solitude, en particulier pour les plus vulnérables, comme les personnes âgées, doit se poursuivre.

Note d'orientation : COVID-19 et la Nécessité d'agir sur la santé mentale

 

Une étude mondiale sur les conséquences psychologiques et psychiatriques du COVID19 et de l'enfermement sur la population générale

L’étude COH-FIT (Collaborative Outcomes study on Health and Functioning during Infection Times) est une vaste enquête internationale portant sur la population des pays touchés par la pandémie de coronavirus (COVID-2019). Le projet implique près de 200 chercheurs et a été approuvé par de nombreuses organisations professionnelles nationales et internationales. Cette enquête doit recueillir des informations auprès de plus de 100 000 participants de plus de 40 pays sur 6 continents et dans 25 langues. Elle sera réalisée à trois reprises : 1) pendant la pandémie (vague 1), et 2) 6 mois (vague 2) et 3) 12 mois (vague 3) après la fin de la pandémie COVID19. Le projet COH-FIT vise à identifier les personnes qui présentent un risque plus ou moins élevé de développer des problèmes de santé physique et mentale pendant les périodes d’infection et les différents niveaux de confinement, ainsi que les facteurs de risque et de protection qui permettront d’orienter les programmes de prévention et d’intervention pour la pandémie COVID19 et si d’autres pandémies devaient se produire à l’avenir.

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La note d'information d’IASC, principal forum mondial de coordination des Nations Unies, co-dirigé par l’OMS, résume les principales considérations en matière de santé mentale et de soutien psychosocial en lien avec le COVID-19. Elle a pour titre "Prise en compte des aspects psychosociaux et de santé du COVID-19" et sa dernière mise à jour date de mars 2020. Les Directives du Comité permanent interorganisations concernant la santé mentale et le soutien psychosocial dans les situations d'urgence recommandent d'intégrer plusieurs niveaux d'intervention dans les activités de riposte à l'épidémie. Ces niveaux correspondent à l'éventail des besoins en matière de soutien psychosocial et de santé mentale et sont représentés par une pyramide des interventions (voir Figure 1, p 3). Cela va de la prise en compte des aspects sociaux et culturels dans les services de base à la prestation de services spécialisés pour les sujets qui souffrent de troubles plus graves.Les principes clés sont, entre autres : ne pas nuire, promouvoir les droits de l'homme et l'égalité, adopter des approches participatives, tirer parti des ressources et des capacités existantes, mettre en place des interventions polymorphes et travailler avec des systèmes de soutien intégrés.
Lire la note en français ici.

A noter également, le livre d'histoire publié pour aider les enfants (prioritairement les 6-11 ans) à faire face au COVID19 par plus de 50 organisations, dont l'OMS, sous l’égide d’IASC.
Version française ici.

L'OMS recommande 150 minutes d'activité physique d'intensité modérée ou 75 minutes d'activité physique d'intensité vigoureuse par semaine, ou une combinaison des deux. Ces recommandations peuvent être réalisées même à la maison, sans équipement spécial et avec un espace limité. Voici quelques conseils pour rester actif et réduire le comportement sédentaire à la maison. Ces conseils sont destinés aux personnes en confinement sans aucun symptôme ou diagnostic de maladie respiratoire aiguë. Il ne doit pas remplacer les conseils médicaux en cas de problème de santé.

A découvrir ici.

Pour la première fois, l’OMS étudie le lien entre les arts et la santé
L’art peut être bénéfique pour la santé, tant physique que mentale. C’est l’une des principales conclusions d’un nouveau rapport du Bureau régional de l’OMS pour l’Europe, qui analyse les éléments de preuve tirés de plus de 900 publications du monde entier. Il s’agit, à ce jour, de l’étude la plus complète de bases factuelles sur les arts et la santé. Ce rapport fait la synthèse des données mondiales sur le rôle des arts dans l’amélioration de la santé et du bien-être, en particulier dans la Région européenne de l’OMS. Les résultats de plus de 3 000 études ont permis de conclure que les arts jouent un rôle important dans la prévention des problèmes de santé, la promotion de la santé, ainsi que dans la prise en charge et le traitement des maladies tout au long de la vie. L’impact bénéfique des arts pourrait être stimulé en reconnaissant la somme croissante de données probantes dans ce domaine et en intervenant sur cette base, en promouvant l’engagement artistique aux niveaux individuel, local et national, et en appuyant la collaboration intersectorielle. Le rapport souligne que certaines interventions dans le domaine des arts, en plus de donner de bons résultats, peuvent aussi être plus rentables que des traitements biomédicaux plus conventionnels. Elles peuvent combiner simultanément de multiples facteurs de promotion de la santé (comme l’activité physique et le soutien à la santé mentale) et ne comportent qu’un faible risque de résultats négatifs.
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La Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 10 octobre, est l’occasion de mieux faire connaître les questions de santé mentale et de susciter une mobilisation dans ce domaine. Cette année, la Journée mondiale de la santé mentale portera sur la prévention du suicide. Chaque année, près de 800 000 personnes mettent fin à leurs jours et d’autres, plus nombreuses encore, font une tentative de suicide. Chaque suicide est une tragédie qui frappe une famille, une communauté ou un pays tout entier et qui a des effets durables sur l’entourage. Le suicide touche des personnes de tous âges et est la deuxième cause de décès dans le monde parmi les 15-29 ans.

Voir la vidéo de Devora Kestel, directrice du département santé mentale et abus de substances psychoactive de l'OMS.

 

Dans un récent rapport, soumis en application de la résolution 33/9 du Conseil des droits de l’homme, le Rapporteur spécial de l’ONU sur la santé se penche sur le rôle crucial des déterminants sociaux et autres de la santé, dans la réalisation du droit à la santé mentale. Le Rapporteur spécial souligne qu’une action de promotion de la santé mentale qui serait fondée sur les droits et dirigée vers les déterminants comporte autant de difficultés que de perspectives positives. Selon lui, le bien-être et la bonne santé mentale ne peuvent se définir par la simple absence de problèmes de santé mentale, mais bien par l’existence d’un environnement social, psychosocial, politique, économique et physique qui donne aux personnes et aux populations les moyens de vivre dans la dignité, de jouir pleinement de leurs droits et de réaliser leur potentiel dans des conditions d’égalité. Le Rapporteur spécial rappelle la nécessité et l’obligation pour les États de créer et de pérenniser des environnements favorables qui intègrent une approche de la santé mentale fondée sur les droits, qui valorisent le lien social et le respect grâce à des relations individuelles et sociales saines et non violentes et qui donnent à chacun la possibilité de vivre une vie entière dans la dignité et le bien-être.

Lire l’interview dans The gardian (en anglais)

Une récente conférence organisée à Lima par le Ministère de la santé du Pérou a évalué la réforme des services de santé mentale dans le pays sur la base d’un rapport réalisé par la Banque Mondiale. Les troubles liés à la santé mentale et à la toxicomanie sont la principale cause de réduction de l’espérance de vie et d’invalidité dans le pays. Ils représentent également des coûts économiques importants, dépassant de loin les maladies cardiovasculaires, le cancer, ou le diabète. Comme dans la plupart des pays, les soins de santé mentale sont jusque-là restés largement concentrés dans les hôpitaux psychiatriques. En 2012, avant l'introduction des réformes des soins de santé mentale, seuls 12% des Péruviens estimant avoir besoin de services de santé mentale les avaient reçus. Une loi sur la santé mentale promulguée cette même année fournit le cadre juridique du processus de réforme des soins de santé mentale. Le Plan national pour le renforcement de la santé mentale communautaire 2018-2021 oriente la mise en œuvre à grande échelle de cette réforme dans tout le pays.

Le réseau de centres de santé mentale communautaires (CSMC), établi par la loi, est l'élément le plus important de la réforme. Il consiste à fournir des services des hôpitaux psychiatriques aux environnements locaux, où les prestataires engagent activement les patients, les familles et les communautés. Depuis 2015, 131 CSMC ont été mis en place et sont opérationnels ; d’ici 2021, le ministère de la Santé prévoit d’élargir le réseau à 281 centres répartis dans tout le pays et 30 unités pour répondre aux besoins des enfants victimes de violence. Dotés d'équipes pluridisciplinaires de travailleurs sanitaires et sociaux, ces centres proposent des services ambulatoires spécialisés aux enfants, adolescents; adultes et personnes âgées. Les équipes spécialisées des CSMC soutiennent également l'intégration des services de soins de santé mentale dans les soins primaires par des formations et du tutorat. En complément des CSMC, 50 maisons de transition protégées ont été créées pour fournir des services résidentiels temporaires aux personnes atteintes de troubles mentaux graves qui sortent de l'hôpital et pour qui les systèmes de soutien familial sont insuffisants. L'objectif du ministère de la Santé à l'horizon 2021 est de disposer de 170 maisons de transition protégées. Ces dernières utilisent un modèle de soins respectant les droits humains des résidents et impose des restrictions minimales à leurs libertés individuelles, facilitant ainsi leur réintégration dans la communauté, avec un encadrement par un personnel présent 24h/24.

En outre, conformément aux recommandations de l’OMS, des services d’hospitalisation de courte durée ont été mis en place dans 32 hôpitaux généraux du pays afin de prodiguer des soins et une surveillance 24 h/24 aux patients souffrant de troubles mentaux aigus. D'ici 2021, l'objectif du ministère de la Santé est d'avoir des services de santé mentale dans 62 hôpitaux.

Selon les données du ministère de la Santé, le coût unitaire moyen des consultations ambulatoires dans des hôpitaux spécialisés en santé mentale est d’environ 59 $, tandis que le coût des consultations ambulatoires standard dans un CSMC est de 12 $.

L'expérience péruvienne montre que la lutte mondiale pour transformer la santé mentale peut être gagnée grâce à une volonté politique de changer la manière dont les services sont organisés et fournis, à la mobilisation de ressources nationales et la participation active des gouvernements locaux, des personnes, des familles et des communautés concernées.

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La récente journée mondiale de la santé mentale a eu pour thème : « Les jeunes et la santé mentale dans un monde en mutation ». La moitié de toutes les maladies mentales commencent avant 14 ans, mais la plupart des cas ne sont pas détectés et traités. La dépression est l'une des principales causes de maladie et d'incapacité chez les adolescents. Le suicide est la troisième cause de décès chez les 15-19 ans. La consommation nocive d'alcool et de drogues illicites chez les adolescents est un problème majeur dans de nombreux pays et peut conduire à des comportements à risque comme les rapports sexuels non protégés ou la conduite dangereuse. Les troubles de l'alimentation sont également préoccupants. 
Il est de plus en plus évident que la promotion et la protection de la santé mentale des adolescents profitent non seulement à la santé des adolescents, à court et à long terme, mais aussi à l'économie et à la société dans son ensemble : des jeunes adultes en bonne santé contribuent davantage à la vie active, à leur famille et à leur communauté. Beaucoup peut être fait pour aider à développer la résilience mentale dès le plus jeune âge afin de prévenir la détresse et la maladie mentale chez les adolescents et les jeunes adultes, et pour gérer et guérir de la maladie mentale. La prévention commence par la connaissance et la compréhension des signes précurseurs et des symptômes de la maladie mentale. Les parents et les enseignants peuvent aider les enfants et les adolescents à acquérir des aptitudes à la vie quotidienne pour les aider à faire face aux défis quotidiens à la maison et à l'école. Un soutien psychosocial peut être fourni dans les écoles et dans d'autres milieux communautaires. La formation du personnel, pour leur permettre de détecter et de gérer les troubles de santé mentale, peut être mise en place, améliorée ou étendue. Il est essentiel que les gouvernements investissent et que les secteurs social, de la santé et de l'éducation participent à des programmes complets, intégrés et fondés sur des données factuelles pour la santé mentale des jeunes.
 
 
 

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