Actualités internationales

Dans un récent rapport, soumis en application de la résolution 33/9 du Conseil des droits de l’homme, le Rapporteur spécial de l’ONU sur la santé se penche sur le rôle crucial des déterminants sociaux et autres de la santé, dans la réalisation du droit à la santé mentale. Le Rapporteur spécial souligne qu’une action de promotion de la santé mentale qui serait fondée sur les droits et dirigée vers les déterminants comporte autant de difficultés que de perspectives positives. Selon lui, le bien-être et la bonne santé mentale ne peuvent se définir par la simple absence de problèmes de santé mentale, mais bien par l’existence d’un environnement social, psychosocial, politique, économique et physique qui donne aux personnes et aux populations les moyens de vivre dans la dignité, de jouir pleinement de leurs droits et de réaliser leur potentiel dans des conditions d’égalité. Le Rapporteur spécial rappelle la nécessité et l’obligation pour les États de créer et de pérenniser des environnements favorables qui intègrent une approche de la santé mentale fondée sur les droits, qui valorisent le lien social et le respect grâce à des relations individuelles et sociales saines et non violentes et qui donnent à chacun la possibilité de vivre une vie entière dans la dignité et le bien-être.

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Une récente conférence organisée à Lima par le Ministère de la santé du Pérou a évalué la réforme des services de santé mentale dans le pays sur la base d’un rapport réalisé par la Banque Mondiale. Les troubles liés à la santé mentale et à la toxicomanie sont la principale cause de réduction de l’espérance de vie et d’invalidité dans le pays. Ils représentent également des coûts économiques importants, dépassant de loin les maladies cardiovasculaires, le cancer, ou le diabète. Comme dans la plupart des pays, les soins de santé mentale sont jusque-là restés largement concentrés dans les hôpitaux psychiatriques. En 2012, avant l'introduction des réformes des soins de santé mentale, seuls 12% des Péruviens estimant avoir besoin de services de santé mentale les avaient reçus. Une loi sur la santé mentale promulguée cette même année fournit le cadre juridique du processus de réforme des soins de santé mentale. Le Plan national pour le renforcement de la santé mentale communautaire 2018-2021 oriente la mise en œuvre à grande échelle de cette réforme dans tout le pays.

Le réseau de centres de santé mentale communautaires (CSMC), établi par la loi, est l'élément le plus important de la réforme. Il consiste à fournir des services des hôpitaux psychiatriques aux environnements locaux, où les prestataires engagent activement les patients, les familles et les communautés. Depuis 2015, 131 CSMC ont été mis en place et sont opérationnels ; d’ici 2021, le ministère de la Santé prévoit d’élargir le réseau à 281 centres répartis dans tout le pays et 30 unités pour répondre aux besoins des enfants victimes de violence. Dotés d'équipes pluridisciplinaires de travailleurs sanitaires et sociaux, ces centres proposent des services ambulatoires spécialisés aux enfants, adolescents; adultes et personnes âgées. Les équipes spécialisées des CSMC soutiennent également l'intégration des services de soins de santé mentale dans les soins primaires par des formations et du tutorat. En complément des CSMC, 50 maisons de transition protégées ont été créées pour fournir des services résidentiels temporaires aux personnes atteintes de troubles mentaux graves qui sortent de l'hôpital et pour qui les systèmes de soutien familial sont insuffisants. L'objectif du ministère de la Santé à l'horizon 2021 est de disposer de 170 maisons de transition protégées. Ces dernières utilisent un modèle de soins respectant les droits humains des résidents et impose des restrictions minimales à leurs libertés individuelles, facilitant ainsi leur réintégration dans la communauté, avec un encadrement par un personnel présent 24h/24.

En outre, conformément aux recommandations de l’OMS, des services d’hospitalisation de courte durée ont été mis en place dans 32 hôpitaux généraux du pays afin de prodiguer des soins et une surveillance 24 h/24 aux patients souffrant de troubles mentaux aigus. D'ici 2021, l'objectif du ministère de la Santé est d'avoir des services de santé mentale dans 62 hôpitaux.

Selon les données du ministère de la Santé, le coût unitaire moyen des consultations ambulatoires dans des hôpitaux spécialisés en santé mentale est d’environ 59 $, tandis que le coût des consultations ambulatoires standard dans un CSMC est de 12 $.

L'expérience péruvienne montre que la lutte mondiale pour transformer la santé mentale peut être gagnée grâce à une volonté politique de changer la manière dont les services sont organisés et fournis, à la mobilisation de ressources nationales et la participation active des gouvernements locaux, des personnes, des familles et des communautés concernées.

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La récente journée mondiale de la santé mentale a eu pour thème : « Les jeunes et la santé mentale dans un monde en mutation ». La moitié de toutes les maladies mentales commencent avant 14 ans, mais la plupart des cas ne sont pas détectés et traités. La dépression est l'une des principales causes de maladie et d'incapacité chez les adolescents. Le suicide est la troisième cause de décès chez les 15-19 ans. La consommation nocive d'alcool et de drogues illicites chez les adolescents est un problème majeur dans de nombreux pays et peut conduire à des comportements à risque comme les rapports sexuels non protégés ou la conduite dangereuse. Les troubles de l'alimentation sont également préoccupants. 
Il est de plus en plus évident que la promotion et la protection de la santé mentale des adolescents profitent non seulement à la santé des adolescents, à court et à long terme, mais aussi à l'économie et à la société dans son ensemble : des jeunes adultes en bonne santé contribuent davantage à la vie active, à leur famille et à leur communauté. Beaucoup peut être fait pour aider à développer la résilience mentale dès le plus jeune âge afin de prévenir la détresse et la maladie mentale chez les adolescents et les jeunes adultes, et pour gérer et guérir de la maladie mentale. La prévention commence par la connaissance et la compréhension des signes précurseurs et des symptômes de la maladie mentale. Les parents et les enseignants peuvent aider les enfants et les adolescents à acquérir des aptitudes à la vie quotidienne pour les aider à faire face aux défis quotidiens à la maison et à l'école. Un soutien psychosocial peut être fourni dans les écoles et dans d'autres milieux communautaires. La formation du personnel, pour leur permettre de détecter et de gérer les troubles de santé mentale, peut être mise en place, améliorée ou étendue. Il est essentiel que les gouvernements investissent et que les secteurs social, de la santé et de l'éducation participent à des programmes complets, intégrés et fondés sur des données factuelles pour la santé mentale des jeunes.
 
 
 

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié le 18 juin sa nouvelle Classification internationale des maladies (CIM-11). La CIM sert de base pour établir les tendances et les statistiques sanitaires, partout dans le monde, et contient environ 55 000 codes uniques pour les traumatismes, les maladies et les causes de décès. Elle fournit un langage commun grâce auquel les professionnels de la santé peuvent échanger des informations sanitaires partout dans le monde. La CIM-11, qui a demandé plus de 10 ans de travail, comporte des améliorations significatives par rapport aux versions antérieures. Pour la première fois, elle est complètement électronique, et présentée sous un format bien plus convivial. De plus, la participation des professionnels de santé a pris une ampleur sans précédent, moyennant des réunions collaboratives et la soumission de propositions. L’équipe de la CIM au Siège de l’OMS a ainsi reçu plus de 10 000 propositions de révision. La CIM-11 sera présentée à l’Assemblée mondiale de la Santé, en mai 2019, pour adoption par les États Membres, et entrera en vigueur le 1er janvier 2022. La classification publiée est un aperçu préalable qui aidera les pays à planifier leur utilisation de la nouvelle version, à en établir des traductions et à former les professionnels de la santé. A noter, le nouveau chapitre consacré à la santé sexuelle, qui recouvre désormais « l’incongruence de genre », classée jusqu’alors avec les troubles mentaux. Une classification moins stigmatisante, ce qui va dans le sens de la demande de révision effectuée par le CCOMS. Néanmoins, deux chantiers sont à poursuivre : l'expression "incongruence de genre" pose de gros problèmes en francophonie. L'étude du CCOMS montre qu'elle est quasi-unanimement jugée soit incompréhensible, soit stigmatisante. Elle ne sera sans doute relayée ni par les professionnels ni par les usagers. Mais surtout la redéfinition restrictive de "l'incongruence de genre", soumise à des "diagnostics" très binaires et cumulatifs, tend à neutraliser l'effet de la révision de la CIM. Contact est pris entre le CCOMS "Santé Mentale" et le CCOMS "CIM", pour explorer la suite à donner à tout cela.

Site Web de la CIM : http://www.who.int/classifications/icd/en/

Outil de codage de la CIM-11 : https://icd.who.int/

 

Une Commission de haut niveau appelle à agir d’urgence contre les maladies chroniques

Un nouveau rapport de la Commission indépendante de haut niveau sur les maladies non transmissibles (MNT - maladies cardiovasculaires, cancer, diabète, pneumopathies chroniques et troubles mentaux) de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), daté du 1er juin et publié simultanément dans la revue médicale The Lancet, appelle à agir d’urgence contre les maladies chroniques et les troubles mentaux. Le document exhorte à un engagement politique de haut niveau et à l’intensification immédiate des mesures contre l’épidémie de maladies non transmissibles, lesquelles représentent les principales causes de mortalité et de morbidité au niveau mondial. Le rapport met l’accent sur des défis croissants, mais souvent négligés, comme les troubles mentaux et l’obésité. Le Président de l’Uruguay, le Dr Tabaré Vázquez, a appelé les dirigeants du monde à « redoubler d’efforts » pour atteindre la cible des objectifs de développement durable consistant à réduire d’un tiers, d’ici à 2030, la mortalité prématurée due aux maladies non transmissibles et à promouvoir la santé mentale et le bien-être.

Les six recommandations du rapport

1. Les chefs d’État et de gouvernement devraient prendre la responsabilité du programme de lutte contre les MNT, plutôt que de la déléguer aux seuls ministres de la santé, car cela exige une collaboration et une coopération entre de nombreux secteurs.

2. Les gouvernements devraient recenser une série de priorités et mettre en œuvre des mesures correspondantes, dans le cadre du programme global de lutte contre les MNT et de promotion de la santé mentale, en fonction des besoins de santé publique.

3. Les gouvernements devraient réorienter les systèmes de santé pour intégrer la lutte contre les maladies non transmissibles, prévention comprise, et les services de santé mentale à leurs politiques et plans pour la couverture sanitaire universelle.

4. Les gouvernements devraient renforcer l’efficacité de la réglementation et collaborer de façon appropriée avec le secteur privé, les milieux universitaires, la société civile et les communautés.

5. Les gouvernements et la communauté internationale devraient élaborer un nouveau paradigme économique pour financer les mesures de lutte contre les MNT et de promotion de la santé mentale.

6. Les gouvernements doivent mieux rendre compte aux citoyens de leur action contre les MNT et simplifier les mécanismes de responsabilisation internationaux qui existent déjà.

« L’OMS a été fondée il y a 70 ans sur la conviction que la santé est un droit humain dont nous devons tous bénéficier, et non un privilège réservé à quelques-uns » a rappelé le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. « Les recommandations figurant dans ce rapport sont une étape importante vers la concrétisation de ce droit, en prévenant les souffrances et les décès dont sont responsables les maladies non transmissibles. »

En appelant les chefs d’État et de gouvernement à assumer pleinement la responsabilité de la lutte contre les MNT, le rapport reconnaît la nécessité de veiller à ce que les ministres de la santé disposent de l’influence nécessaire pour que volonté politique et financement soient à la hauteur du problème.

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Le 10ème Forum mhGAP aura lieu du 11 au 12 octobre 2018 à l'Organisation mondiale de la Santé, à Genève. Les deux jours du Forum permettront de discuter de divers thèmes, tous liés à la mise en œuvre du Plan d'action de l'OMS pour la santé mentale 2013-2020.

Le Forum examinera également les engagements spécifiques des partenaires pour la mise en œuvre du Plan d'action. Il y aura également du temps disponible pour le réseautage informel.

Le rapport 2017 du Forum mhGAP est accessible en ligne. Le Forum coïncidera avec la célébration par l'OMS de la Journée mondiale de la santé mentale.

 

La 11ème révision de la Classification internationale des Maladies (CIM-11), qui devrait être publiée mi-2018, définit le trouble du jeu comme une façon de jouer (au ‘’jeu numérique’’ ou ‘’jeu vidéo’’) caractérisée par une altération du contrôle sur les jeux, accordant une priorité accrue au jeu sur d'autres activités quotidiennes, et la poursuite ou l'augmentation de la pratique du jeu malgré l'apparition de conséquences négatives. Pour que le trouble du jeu soit diagnostiqué, ce comportement doit être suffisamment sévère pour entraîner un trouble significatif dans les domaines personnels, familiaux, sociaux, éducatifs, professionnels ou dans d'autres domaines importants, et doit avoir été observé sur une période d’au moins 12 mois.
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Le président Ram Nath Kovind a déclaré le 30 décembre que l'Inde faisait face à une possible "épidémie de santé mentale" et a souligné la nécessité de fournir un accès aux centres de traitement aux personnes souffrant de troubles mentaux d'ici 2022. Kovind a déclaré qu'en 2022, l'Inde célébrerait le 75ème anniversaire de son indépendance et qu'il faudrait veiller à ce que d'ici là, les personnes souffrant de troubles mentaux graves aient au moins été diagnostiqués et aient accès à des services de soins. 

Constatant que la pénurie de professionnels de la santé mentale était une autre lacune majeure à laquelle le pays doit faire face, Kovind a déclaré qu'il y avait environ 5 000 psychiatres et moins de 2 000 psychologues cliniciens dans le pays. Des chiffres très faibles dans un pays qui compte 1,3 milliards d’habitants.

Le président a déclaré que les résultats de l'enquête sur la santé mentale de l’Institut national de la santé mentale et des neurosciences (NIMHANS) étaient alarmants, car 10 % des Indiens ont un ou plusieurs problèmes de santé mentale. Le nombre d'Indiens souffrant de problèmes de santé mentale est donc plus important que la population totale du Japon, a-t-il ajouté. Outre le traitement conventionnel, le rôle des services de conseil et des pratiques telles que le yoga et le vipassana pour aider les personnes ayant des problèmes de santé mentale devrait également être examiné avec plus de vigueur, a déclaré le président.

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Le second Forum EU Compass, financé par la Commission Européenne, s'est tenu à Luxembourg les 8 et 9 juin 2017. Il a permis de réunir et de favoriser les échanges entre décideurs politiques, représentants des ministères, ONG, usagers, aidants et professionnels, employeurs et secteur privé, et instituts de recherche, le tout au niveau européen. L'objectif était de discuter des recommandations pour les politiques de santé, de présenter des exemples de bonnes pratiques qui alimenteront la base de données du Compass et de proposer des actions concrètes pour améliorer la prise en charge de la santé mentale en Europe. Cette année, les contributions portaient sur la santé mentale au travail, la santé mentale dans les écoles et la prévention du suicide. Jean-Luc Roelandt, directeur du CCOMS, était présent pour prendre part aux discussions.

Le prochain forum se déroulera les 8 et 9 février 2018 à Luxembourg sur les thèmes : la construction d'approches intégrées pour la gouvernance et la fourniture de services communautaires de santé mentale.

Consultez les vidéos des interventions du Forum sur le site du projet, et en particulier celle de Jean-Baptiste Rouffet, de la DGS, sur le travail en commun réalisé entre le ministère de la Santé et l’Education nationale

A lire, la brochure sur les bonnes pratiques issue de ce projet, dans laquelle figurent deux fiches de bonnes pratiques du CCOMS.

Consultez le rapport d’activité 2017 d’EU Compass reprenant les discussions et conclusions du forum.

 
Malgré le fait que le taux de suicide ait diminué ces dix dernières années, celui chez les adolescents et les jeunes adultes reste élevé, et est même une des principales causes de décès chez les 15-29 ans. Suite à une étude menée par une équipe suédoise sur 548 000 enfants, il a été démontré que certains indicateurs sont associés à un risque doublé de suicide*. Pour les auteurs de la recherche, les expériences difficiles subies durant l’enfance peuvent augmenter les risques de conduites impulsives et destructrices. Pour lutter contre cela, l’identification des facteurs de risques est très importante pour pouvoir mettre en place des actions de prévention.
*Voir les références de l’article.

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